Qu’est-ce l’entérotoxémie chez la chèvre et le mouton ?

L’entérotoxémie, également connue sous le nom de suralimentation ou de maladie des reins pulpeux, est une affection causée par Clostridium perfringens de type D. Ces bactéries sont normalement présentes dans le sol et font partie de la microflore normale du tractus gastro-intestinal des moutons et des chèvres en bonne santé. Dans des conditions spécifiques, ces bactéries peuvent se reproduire rapidement dans l’intestin de l’animal et produire de grandes quantités de toxines. La toxine epsilon produite par C. perfringens de type D est la toxine la plus importante dans la production de la maladie. 

Les jeunes animaux sont les plus sensibles. Des taux de mortalité élevés et soudains peuvent occasionnellement être observés chez les agneaux et les chevreaux. Bien que les animaux adultes soient également sensibles à l’entérotoxémie, ils développent une immunité en raison de leur exposition fréquente à de faibles doses de ces toxines.

Facteurs associés aux épidémies d’entérotoxémie

La prolifération de Clostridium perfringens de type D dans l’intestin des moutons et des chèvres entraînant une entérotoxémie est plus susceptible de se produire dans les conditions suivantes :

  • Consommation excessive de lait ou d’aliments contenant de fortes concentrations de céréales.
  • Lorsque l’immunité naturelle est compromise, par exemple en cas de maladie, de convalescence ou de stress.
  • Lorsque les animaux sont fortement parasités par des parasites gastro-intestinaux, notamment des nématodes, des cestodes (ténias) et des coccidies.
  • Lorsque la ration est riche en hydrates de carbone (céréales) et pauvre en fourrage grossier.
  • lorsque la motilité du tractus gastro-intestinal est réduite.

Signes courants de l’entérotoxémie

La forme aiguë est la plus fréquente chez les jeunes animaux. Elle se caractérise par une mort soudaine qui survient environ 12 heures après l’apparition des premiers signes de la maladie. Certains chevreaux ou agneaux peuvent présenter des signes de maladie du système nerveux central, comme de l’excitation ou des convulsions. La mort subite peut survenir en quelques minutes seulement chez les chevreaux ou les agneaux présentant une maladie neurologique. Les signes cliniques typiques sont les suivants :

  • Perte d’appétit,
  • Malaise abdominal,
  • Diarrhée abondante et/ou aqueuse, pouvant être sanglante.

Diagnostic

Le diagnostic repose sur les signes cliniques, l’histoire de la mort subite et la confirmation par l’examen nécropsique. Le diagnostic peut être confirmé par une identification positive de l’entérocolite, une culture anaérobie et l’identification de Clostridium perfringens type D dans les fèces ou le contenu intestinal des spécimens cliniques ou nécropsiques des animaux atteints. La présence d’une hyperglycémie et d’une glucosurie peut fortement suggérer une entérotoxémie chez les animaux vivants ou morts.

Entérotoxémie

Les données nécropsiques sont importantes pour le diagnostic de l’entérotoxémie. Par conséquent, les animaux morts ou un ensemble complet de tissus de nécropsie, de fèces, etc. doivent être soumis au laboratoire de diagnostic pour confirmation du diagnostic clinique. L’examen post-mortem du gros et du petit intestin permet d’identifier un contenu aqueux, des caillots de sang et de fibrine, et de petits ulcères sur la muqueuse. À l’examen macroscopique, les reins peuvent avoir une consistance molle et pulpeuse et une encéphalomalacie peut se produire dans le cerveau (généralement observée uniquement chez les moutons). 

L’examen microscopique peut révéler une autolyse accélérée ou une nécrose aiguë diffuse des tubules proximaux des reins. Des ulcères microscopiques et une nécrose superficielle de la muqueuse avec de nombreux organismes clostridiaux associés et une légère inflammation suppurative peuvent être présents dans les échantillons intestinaux. Les lumières intestinales contiennent souvent d’abondants organismes clostridiaux, suggérant une entérite/entérotoxémie clostridienne. L’autolyse post-mortem avancée empêche souvent le diagnostic définitif de l’entérotoxémie à l’autopsie en raison de la prolifération extensive des organismes clostridiaux après la mort de l’animal. 

Des tests d’ADN spécifiques (PCR) pour Clostridium perfringens type D peuvent être utiles pour confirmer le diagnostic. Un kit ELISA est également disponible pour la détection de plusieurs toxines clostridiales, y compris la toxine epsilon, et l’identification de l’organisme C. perfringens lui-même à partir du contenu intestinal.

Traitement

Les traitements recommandés peuvent être les suivants :

  • La vaccination,
  • Antitoxine C & D de Clostridium perfringens selon les recommandations du fabricant (5 ml d’antitoxine C & D par voie sous-cutanée),
  • Antibiotiques, en particulier la pénicilline,
  • Antiacides administrés par voie orale,
  • Médicaments anti-ballonnements,
  • Réduction de la douleur,
  • Thiamine (vitamine B1) par voie intramusculaire pour prévenir ou traiter l’encéphalomalacie,
  • Thérapie de soutien comme les fluides intraveineux ou sous-cutanés et les corticostéroïdes,
  • Probiotiques après une antibiothérapie pour favoriser le repeuplement de la microflore du tube digestif.

Le vaccin contre l’entérotoxémie

La vaccination a pour objectif de limiter les mortalités mais elle a des limites d’efficacité. Que l’on vaccine ou pas, il faut tenter d’éviter les modifications brutales de la flore intestinale ou les stress qui pourraient perturber le transit digestif de l’animal. En cas de vaccination, il faudra mettre en place un protocole vaccinal adapté aux éventuelles périodes à risque.

Sources :

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