L’agroécologie pourra-t-elle mieux faire que l’agriculture industrielle

La population mondiale est actuellement estimée à près de 8 milliards, et il se pourrait, d’après les estimations, qu’elle dépasse les 10 milliards d’ici 2050. Nonobstant ces prédictions, il est désormais évident que l’agriculture industrielle qui a amplement su combler nos besoins alimentaires faiblit face aux effets revers de son illustre efficacité.

Jusqu’où nous a conduits la révolution verte ?

La révolution verte désigne l’avènement d’un ensemble de pratiques culturales qui ont pu satisfaire les besoins alimentaires des populations des années 1960 à 2010. Elle s’est notamment manifestée par l’essor de la machinerie agricole qui est venue remplacer les animaux de trait. Ainsi, grâce au moteur à combustion interne par exemple, il y a eu une facilité d’extension des surfaces cultivées et un énorme gain de productivité.

De même, cette révolution s’est manifestée par l’essor des techniques d’irrigation, l’utilisation massive d’engrais et le développement des produits phytosanitaires tels qu’herbicides, fongicides, insecticides. Comme résultat, une augmentation du rendement a été rendue possible. C’est le cas du riz et du maïs, dont les rendements au niveau mondial ont augmenté de 126 % et de 174 % respectivement, bien que les surfaces cultivées pour ces denrées n’aient augmenté que de 46 % et de 55 %.

Que de résultats louables, non ! Mais on continue de dénombrer en 2015, d’après Organisation des Nations Unies, pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), 800 millions de personnes à l’échelle mondiale qui souffrent de la sous-alimentation.

De l’autre côté, il n’est plus à cacher que l’agriculture industrielle a également laissé des séquelles à la planète. Elle contribuerait à près de 40 % des émissions des gaz à effet de serre. Donc, son poids est considérable dans les changements climatiques, sans oublier l’érosion croissante de la biodiversité qu’elle cause. Cette forme d’agriculture engendre également l’appauvrissement massif des terres, dont la biodiversité périt sous les effets des usages des intrants agricoles. 

S’il y a bien un espoir nouveau en l’avenir, concernant la production alimentaire, c’est qu’une forme d’agriculture plus respectueuse de l’environnement substitue celle dont le succès nous enchante actuellement, mais qui atteint ses limites. 

L’agroécologie fera-t-elle vraiment le poids ?

C’est bien à cause de sa petite empreinte écologique que l’agroécologie pourrait être une alternative meilleure que l’agriculture conventionnelle. Cette autre manière de produire est moins énergivore. Elle regroupe beaucoup de pratiques agricoles dont les sylvo pâturages, les cultures de couverture, l’agroforesterie, la permaculture, le semis direct, et les rotations de cultures diversifiées.

Ces méthodes vont bien de pair avec les objectifs de l’agriculture durable, notamment la rentabilité des exploitations, la réduction des émissions de GES et séquestration du carbone, la question des rendements, de la qualité des récoltes, et de santé du sol. Même les préoccupations sociétales sont prises en compte, à savoir la meilleure occupation du territoire. Mais tout est-il là ?

Le chemin de l’agriculture biologique permet de témoigner qu’il est moins rentable que l’agriculture industrielle. En réalité, si à l’hectare, l’agriculture conventionnelle satisfait une certaine demande, il en faudra plus d’espace pour que l’agroécologie parvienne au même résultat. D’où il faut emblaver les terres restées intactes depuis toujours. La biodiversité n’en est ainsi pas mieux conservée. Le problème va donc persister.En un mot, pour le futur, il est impératif d’adopter une agriculture qui emprunte les caractéristiques des deux évoquées ci-dessus, à savoir la durabilité et la productivité.

Aidez nous à faire connaître notre site avec le partage de cette publication

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.